Bref historique
La pierre est extraite à Saint-Maximin depuis l’époque gallo-romaine, elle a été utilisée, entre autre, dans la construction des thermes de Cluny. Pourtant, c’est véritablement dans la seconde partie du XVIIe siècle, sous Colbert, que les carrières du sud de l’Oise se développent grâce à une étude réalisée par l’Académie Royale d’Architecture qui certifie que cette pierre est de très bonne qualité pour remplacer la pierre de Paris (les carrières parisiennes qui minent le sous-sol sont inutilisables). Elle est facile à travailler et résiste bien aux intempéries. De plus, son acheminement vers Paris est facilité par le transport par voie fluviale sur l’Oise et la Seine. Elle a permis par exemple la construction de la place de la Concorde, des Invalides, du palais Bourbon… A partir de 1859 la pierre commence à être transportée par voie ferroviaire avec la création de la ligne Creil – Paris. C’est à cette période qu’elle est massivement utilisée dans la construction du Paris Haussmannien. La pierre cesse progressivement d’être extraite en souterrain à partir de la fin du XIXe siècle : les carrières à ciel ouvert bouleversent alors la topographie locale.
Quelques repères géologiques
La pierre de Saint-Maximin se situe dans le bassin géologique sédimentaire de Paris. Ce calcaire tendre s’est constitué sous l’ère tertiaire, à l’époque du Lutétien : étape géologique qui correspond à la période comprise entre 49 millions d’années et 41 millions d’années. A cette époque, sous un climat tropical, une mer peu profonde baignait cet endroit. Au fil du temps, la mer s’est retirée, laissant un dépôt sédimentaire emprisonnant les espèces maritimes. Nulle part dans le tertiaire, la faune et la flore fossilifères ne sont plus diversifiées que dans le Lutétien du bassin de Paris (près de 3000 espèces). C’est d’ailleurs ce qui fait la richesse de la pierre locale : elle peut être très fine ou au contraire très coquillée et plus ou moins compacte variant de ce fait son niveau de dureté.
La pierre aujourd’hui
Dorénavant, la pierre de taille est principalement utilisée pour la restauration des monuments historiques et continue d’être vendue en grande quantité à l’étranger. La pierre peut encore répondre aux exigences des bâtisseurs du XXIème siècle et correspondre parfaitement aux critères du développement durable : un cadre de vie harmonieux et agréable, lui apportant un maximum de confort et d’atouts de bonne santé, sans nuisance pour l’environnement et en puisant le moins possible dans les ressources naturelles.
Aujourd’hui, il reste encore cinq carrières de pierre de taille en exploitation à Saint-Maximin. La pierre qui en est extraite sert essentiellement à la restauration des monuments historiques, elle est également massivement exportée aux Etats-Unis et en Asie. Concurrencés par le bêton, les professionnels de la pierre lui ont trouvé d’autres utilisations (ornementation ou parement par exemple), afin d’en faire un matériau contemporain et accessible au plus grand nombre.
B.P.E. Lecieux
Carrières du Bassin Parisien (C.B.P.)
Le Bosquet
60740 Saint-Maximin
Téléphone : 03 23 55 81 06
Carrière Degan
Route de Gouvieux
60740 Saint-Maximin
Téléphone : 03 44 64 46 90
Carrière Ouachée & Corpechot
Chemin Départemental
60740 Saint-Maximin
Téléphone : 03 44 24 06 01
Carrière Rocamat
1, impasse des Cerisiers
60740 Saint-Maximin
Téléphone : 03 44 64 65 30
Deux autres carrières ont leur siège social à Saint-Maximin sans y extraire la pierre :
Carrières Dubois
Magasin : 4 rue de la Grande Folie
60740 Saint-Maximin
Téléphone : 03 44 26 15 91
Site d’exploitation : Carrière de Martincourt
60660 Mello
Téléphone : 03 44 56 42 05
Carrière Violet
Siège social : 9 bis, rue du Jeu d’Arc
60740 Saint-Maximin
Téléphone : 03 44 26 04 97
Site d’exploitation : Cavée des Granges BP 21
60181 Nogent-sur-Oise Cedex
Téléphone : 03 44 71 31 12
A titre d'exemple, voici l'utilisation possible de quelques qualités de pierre extraites à Saint-Maximin.
Liais de Saint-Maximin :
Utilisation : revêtement de sol intérieur et extérieur, mur massif et revêtement mural mince pour les élévations, les soubassements, les appuis et les corniches
Roche franche construction :
Utilisation : mur massif et revêtement mural mince pour les élévations, les soubassements, les appuis et les corniches
Roche construction :
Utilisation : mur massif et revêtement mural mince pour les élévations
Saint-Leu :
Utilisation : mur massif pour les élévations
La Maison de la pierre du Sud de l’Oise a pour mission de valoriser d’un point de vue culturel, touristique et économique le patrimoine de la pierre dans le sud du département. Le patrimoine de la pierre est constitué par l'ensemble des lieux d'extraction (les carrières en activité, abandonnées et souterraines), de taille et de sculpture. Il convient également d'y intégrer les troglodytes (habitations, cavités...), les quais de chargement, les voies de chemin de fer, les ports...
Les carrières sont les sites les plus importants et les plus nombreux du "patrimoine de la pierre" ; elles sont présentes dans toutes les communes du grand bassin creillois.
Ce projet participe principalement du tourisme industriel et du tourisme culturel, tout en intégrant les sciences et les techniques, le sport, les attractions et les animations, la découverte de la nature, la gastronomie.
Huit de ces carrières sont en activité dont cinq à Saint-Maximin, elles témoignent de la vitalité de ce secteur économique.
Une vingtaine de carrières souterraines ou à ciel ouvert ne sont plus exploitées. Certaines ont été abandonnées, d'autres ont été diversement réutilisées (culture des champignons de Paris, enfouissement de déchets, remblaiement, terrain de camping, atelier de sculpture...).
La Maison de la pierre ce sera à Saint-Maximin :
Un musée de l’histoire et de la mémoire de la pierre.
Un espace culturel destiné à accueillir des expositions temporaires.
Une boutique.
Un atelier de sculpture.
Un centre d’étude et une galerie publique de l’INERIS (Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques).
Un «musée virtuel», axé principalement sur les techniques audio-visuelles de pointe, consacré à la pierre dans tous ses états (histoire, légendes, littérature, poésie, cinéma, sculpture…).
Un musée du champignon.
Un restaurant.
Un espace polyvalent pour y organiser des manifestations et événements divers.
Un lieu de projection à ciel ouvert.
Un parc à thème.
Des circuits de randonnées.
Des sites d’escalade.
Le siège social de la Maison de la pierre du sud de l’Oise se situe au centre-ville de Saint-Maximin.
Pour tous renseignements :
Maison de la pierre
22, rue Jean Jaurès
60740 SAINT MAXIMIN
Téléphone : 03 44 61 18 54
Fax : 03 44 28 33 61
@ : contact@maisonpierre-oise.fr
![]() |
www.pierresudoise.fr La Maison de la pierre sur le site de la communauté de communes Pierre Sud Oise. |
La carrière souterraine Parrain
Bien que mentionnée pour la première fois dans l’aveu du 21 novembre 1601, la carrière Parrain semble déjà exister à la fin du XIVème siècle. Le vergelé (pierre dure) et la pierre de Trossy (pierre fine et tendre renommée plus belle que la pierre dite de Saint-Leu) ont été extraits de cette carrière.
Dans la carrière Parrain, la technique dite «des piliers tournés» permettait d’extraire la pierre en suivant les fissures naturelles et en laissant des piliers retenant la masse supérieure. A partir de 1860, la pierre a été extraite à l’aide de la lance (longue tige métallique d’au moins 1m jusqu’à 4 m de long, pointue ou tranchantes) qui était maintenue en hauteur. Par la force du balancier et du carrier, elle permettait de percer une tranchée verticale dans la pierre.
L’exploitation de la carrière Parrain cessa en 1925, période à laquelle les carriers cessent progressivement l’exploitation en souterrain. Mieux outillés, ils peuvent extraire les bancs de pierre dure situés au-dessus des galeries souterraines. La carrière Parrain s’ouvrait sur la partie arrière de la ferme appartenant à Monsieur Lamy, maintenant siège de la Maison de la Pierre du Sud de l’Oise. Les galeries souterraines s’étendent sous la partie haute de Saint-Maximin appelée « les Champignolles ».
Cette très grande carrière possède plusieurs ouvertures qui permirent à de nombreux habitants de la commune de trouver un abri assez sûr pendant les bombardements alliés de la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre et pour quelques temps encore la carrière a servi de refuge à une très grande partie des trois à quatre cents habitants restés dans la commune.
Cette carrière fut ensuite exploitée en champignonnière avant que son entrée devienne un atelier de carrosserie automobile. Elle fait partie aujourd’hui de l’ensemble des sites gérés par la Maison de la Pierre du Sud de l’Oise.
Le Tropique
C'est l'une des curiosités de Saint-Maximin qui fit l'affaire des marchands de cartes postales du début du siècle dernier. Au carrefour de plusieurs carrières souterraines ou aériennes, cet endroit est caractérisé par un fontis en cloche : effondrement de la masse supérieure formant un cercle vide d'où l'on peut apercevoir le ciel. De chaque côté du Tropique, il existait de nombreuses entrées de carrières dont certaines ont été transformées en habitations troglodytiques, devenues aujourd'hui des caves ou des passages souterrains vers des maisons bâties.
Le Tropique, et plus particulièrement le Trou du Tropique, est un lieu de mémoire pour les habitants de Saint-Maximin car il témoigne de l’extraction de la pierre, à cet endroit, dans des carrières souterraines, dans les siècles passés.
Beaucoup Saint-Maximinois y ont joué dans leur enfance ; certains y ont même habité, réfugiés là après les destructions des bombardements de la seconde guerre mondiale.
Enfin, nombreux sont ceux qui ont emprunté ce passage pour changer de quartier de ou, tout simplement, pour se promener.
C’est aussi un lieu connu de nombreux randonneurs qui ont parcouru ou qui empruntent actuellement le GR 11. Malheureusement, aujourd’hui, ils ne peuvent plus le traverser et doivent utiliser une route goudronnée au lieu d’un agréable chemin.
Le trou du Tropique va être réhabilité en 2009 – 2010. Il redeviendra ainsi un lieu de passage pour les Saint-Maximinois et les randonneurs.
L’ancienne ferme Lamy
Elle témoigne du village d’avant les destructions massives de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après une importante réhabilitation architecturale, elle abritera :
La construction de l’espace dédié aux expositions temporaires commence en 2008. Il sera ouvert au public à la fin du premier semestre 2009. Son architecture résolument contemporaine témoignera de l’utilisation de la pierre comme matériau d’aujourd’hui et de demain.